Concert Suzane à Forges les Eaux le 3 février 2021

Zoom sur l'artiste

Plus d'infos sur le concert Suzane à Forges les Eaux

Une année a passé. Après un premier EP remarqué, Suzane a dépassé l'ombre de l'anonymat et accéléré la cadence. Les quelques concerts des débuts se sont transformés en une tournée gigantesque. Il n'y a pas eu de palier de décompression pour la jeune artiste sudiste. Du rien, au tout !

Comment l'expliquer ? Il y a eu les clips de « L'Insatisfait » puis de « SLT », qui sans attendre, ont conquis les coeurs. Cet EP a dévoilé une musique proche de l'os et des paroles sans fard, une poésie instantanée et brûlante, aux chorégraphies viscérales.

Suzane étouffe les évidences et chante ce que nous sommes. Chanson française ? Électro ? Très vite, les étiquettes n'ont plus d'importance. Suzane chante son époque, sans cynisme ni raccourci. Introspection pudique, elle incarne, elle ne triche pas. Elle mêle avec un naturel déconcertant et une énergie fédératrice la musique et les mots, les maux et les corps.

Esthétique mouvante, mélodies au dépouillement salutaire. Jusqu'à devenir l'artiste la plus programmée des festivals de l'été dernier, tout simplement.

Les médias l'ont adoptée avec une légitime bienveillance. Les chiffres se sont affolés : avec seulement cinq titres dévoilés jusqu'alors, Suzane représente déjà plus de quinze millions de streams, des concerts partout dans le monde, jusqu'au Japon et en Chine, des premières parties pour Feder ou -M- (plusieurs Zéniths et un AccorHotels Arena de Paris en point d'orgue...) et des rendez-vous parisiens à guichets fermés aux Etoiles puis à la Gaîté Lyrique et désormais au Trianon en mars 2020.

« Je suis toute seule sur scène. Je ne peux donc pas y aller à moitié. Il faut être à fond. Se mettre à nu et voir ce qu'il se passe... J'ai pris l'espace, c'était comme un combat » dit-elle.

Elle a enfilé une tenue de scène, sa tenue de combat à elle : « Avec la danse, j'ai toujours été habituée à enfiler un costume. Ce truc de se dire que je monte sur scène pas habillée comme dans la vie de tous les jours. Dans ma danse, il y a un côté danse de combat. Mon père regardait les films de Bruce Lee avec moi et j'ai été inspirée par sa combinaison, celle de « La Fureur du Dragon ». Dès que je porte cette combinaison, je deviens Suzane... Et Suzane me permet d'être moi-même tout en étant quelqu'un d'autre. »

Elle a dépassé la peur, celle du vide, celle de l'inconnu et des autres. Elle s'est dressée, elle s'est lancée !

Puis est venu le temps de son premier album, dont le titre aux sonorités russes est en fait de l'allemand : « Toï Toï ». Dans les arts de la scène, c'est ce que l'on se dit pour se souhaiter bonne chance avant une représentation. Affaire de superstition donc. Et puis, plus joli que le mot de Cambronne...

« La première fois que je suis montée sur scène, on m'a dit « Toï Toï ». Ça ne m'a jamais quittée depuis... ».

Phonétiquement, c'est encore le jouet, en anglais. Et Suzane aime jouer : se jouer des codes, et faire jouer ses histoires et ses personnages. Les petits mondes qu'elle édifie grâce à ses chansons, elle y tient. Ils lui sont chers ! Car ce sont des histoires vraies qu'elle nous conte. Alors qu'elle pratique la danse classique au conservatoire depuis quinze ans, elle se passionne pour la chanson réaliste (Brel, Piaf, Barbrara...). Exaspérée par les diktats imposés par la danse à haut niveau, elle envoie tout valser et prend un job de serveuse. Ses clients deviennent une source d'inspiration, des acteurs qui sans le savoir nourrissent sa prose. Suzane conte des histoires du quotidien, des gens, la vie. D'une anecdote personnelle, Suzane possède ce don d'en faire une vérité qui nous saute aux yeux.

Suzane ne gamberge pas, malgré l'accélération démentielle des choses, malgré l'accueil d'un public de plus en plus nombreux. D'espoir, elle est devenue phénomène. C'est la presse hexagonale qui le dit.

Suzane ne veut rien céder à la trouille et aux doutes. Elle avance. Elle grandit presque sous nos yeux. Entre instinct et patience, elle a rencontré son destin et est bien décidée à ne plus le lâcher.

Ce disque, elle l'a conçu à Paris, aux Lilas, avec l'aide des mêmes camarades de playground : avec son producteur Chad Boccara et Valentin Marceau qui a co-réalisé l'album avec elle. La fidélité chez Suzane n'est pas un vain mot. Elle est un moteur, une promesse d'avenir. « J'ai quand même un peu le trac » concède-t-elle, avant d'ajouter : « C'est moi ce disque, et c'est ma première fois, j'essaye d'en profiter au maximum. » Même si elle confesse déjà engranger les idées pour son deuxième album. Son passé exigeant de danseuse lui a appris à ne jamais s'endormir sur ses lauriers. Elle commence à accepter les compliments sans trop rougir, les applaudissements, les manifestations d'amour spontanées.

Sur ce disque à la fois fier et inclassable, Suzane a composé des missiles à tête chercheuse. Des chansons qui ne font pas de prisonnier. Subtil croisement des genres, où les émotions ne sont jamais galvaudées.

Ce disque est saisissant et furieusement vivant. Addictif, évident.

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SLT rappelle au monde que le harcèlement n'est pas qu'une affaire contemporaine, un hashtag tendance mais bel et bien un serpent qui persifle depuis que l'Homme est Homme. Plus Mulan que Cendrillon, Suzane chante une féminité de combat, débarrassée de tous les oripeaux en plomb d'un patriarcat obsolète. Elle le fait avec un groove imparable. C'est aussi sa force, à Suzane. Chanter le monde et ses dérives, même les plus noires, sans jamais oublier le rythme, la danse, la libération et la communion des corps et des esprits. Elle déchire le folklore rance avec une ironie aux couleurs vives. Elle témoigne plus qu'elle ne dénonce. Elle incarne un salaud pour mieux le terrasser.

IL EST OÙ LE SAV ? nouveau single, avec Témé Tan en feat, chanteur belge originaire de Kinshasa que Suzane a rencontré lors de son périple chinois, a le tempo résolument enjoué même si ici, on chante une planète sur le point de crever. Danser au bord du précipice. Suzane privilégie le côté solaire à l'évidence sordide. Son message n'en est que plus puissant. C'est un hymne.

QUATRE COINS DU GLOBE, écrite à la fin de l'enregistrement, voyage par procuration. On voit presque défiler ces millions de photos postées sur les réseaux avec paysages féériques et maillots de bain assumés. Le mouvement immobile, d'une certaine façon... à l'heure des addictions vertigineuses et des écrans noirs.

P'TIT GARS, c'est un uppercut jubilatoire et cinématographique à la face du rejet, de l'homophobie, de toutes ces violences quotidiennes qui ont le pouvoir de briser des existences. « Ça me brûlait le coeur d'en parler » dit-elle. Elle a laissé la chanson la hanter avant de vraiment l'écrire. C'est une main tendue, un espoir ranimé. C'est simplement beau. Avec ce refrain grenade.

MADAME ADEMI existe. Suzane l'a croisée, mais chacun de nous aussi. Ce titre, ou comment chanter la frilosité, l'aigreur, la frustration. Tous ces gens qui n'osent jamais et qui préfèrent se plaindre. Suzane navigue astucieusement entre humour et affection, avec une touche presque tribale. Comme une alarme. Ce fragile équilibre donne à cette chanson toute sa saveur et sa profondeur.

LE POTIN est encore un sujet universel. Nous sommes tous des potentiels colporteurs de gossips. Suzane s'en amuse, mais toujours avec ce désir intense de liberté, ce refus de se laisser aller à la facilité, à la médiocrité des sentiments vils.

PLUS VITE QUE ÇA chante le rythme parisien, la fuite du temps également, tous ces individus qui se pressent, sans même plus savoir vraiment pourquoi...

PAS BEAUX est un titre qui réveille le passé, quand, tous les mercredis, au Conservatoire de danse, les élèves étaient pesés et punis parce qu'ils avaient pris 100 grammes. Suzane écrit pour ceux qui ne savent peut-être pas regarder comme il faut, pour ceux qui ne parviennent pas à trouver les mots adéquats pour panser leurs blessures.

ANOUCHKA est une chanson très intime. Belle comme un secret brûlant : « Ça a été dur cette chanson, la plus longue à écrire. Parce que je voulais être très juste. J'ai écrit cette chanson en espérant que les filles qui se reconnaîtront s'accorderont enfin le droit d'être elles-mêmes. » C'est une histoire d'amour et de courage.

Avec LA FLEMME et son beat imparable, Suzane assume et c'est jubilatoire : « Toute ma vie, j'ai été la flemmarde ! En fait, je donne tout mais quand quelque chose me donne envie et quand j'ai envie, je ne m'arrête plus. J'ai souhaité incarner la flemme dans cette chanson, en faire une copine. »

L'INSATISFAIT porte bien son nom. C'est la vie et les limites qu'on lui prête, les rêves de pacotille auxquels on s'attache sans même savoir pourquoi, ce sont les cages qu'intègrent les gens sans réfléchir, oiseaux pathétiques...

NOVEMBRE est une chanson de brume, autant digne qu'émouvante, qui a dû patienter deux années avant d'être. C'est un soir tragique parisien, quand l'innocence est tombée, c'est l'amour qui refuse de crever aussi.

SUZANE, chanson cv, introspection totale, le Je me voyais déjà? d'aujourd'hui. C'est la gamine qui n'a pas oublié les barrières mentales, les conseils trop prudents, c'est la femme en 2019 qui serre les poings et avance, coûte que coûte, parce qu'elle sait que ce qui sépare souvent le rêve de la réalité, ce sont les mots des autres, ceux qui n'ont pas eu l'audace de dépasser la peur. C'est Suzane. Pour qui rien n'est impossible : « Maintenant, je me sens bien, j'ai le sentiment d'être sur le chemin sur lequel j'ai toujours voulu être. Je ne m'ennuie plus moi qui me suis tellement souvent ennuyée. C'est ?a, la vie, je crois, non ? »

Il suffit de traduire MONSIEUR POMME en anglais pour comprendre de quoi il retourne ici. La dictature des nouvelles technologies, l'addiction terrible, la perdition numérique. L'Enfer consenti.

« Toï Toï » est bientôt là. C'est un disque qui risque de faire date. Rarement une artiste aura aussi bien décrypté son époque, sans slogan ni drapeau. Avec une générosité pas dupe et une soif inextinguible d'aventure sans filet. Suzane est prête.

Réservez vos places de concert pour : SUZANE - L'ESPACE DE FORGES

Le prix des places est à partir de : 31.20 €

Date : mercredi 3 février 2021

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